Histoire

  • En 1967, des étudiants de sciences et de génie se sont rencontrés à l’Université Laval à Québec pour le Congrès des étudiants en sciences et génie du Québec (CSESQ). Durant la session de plénière, il y a eu beaucoup de discussions à-propos du rôle de l’ingénieur dans la société et la possibilité de réunir les étudiants de génie ensemble pour traiter de ces questions.

    L’idée a pris de l’élan et s’est transformée en un débat passionné lors du Congrès des étudiants en sciences et génie du Québec en mai 1968. Henry Roy, qui était alors le VP des relations externes de l’association étudiante de génie de McGill, a proposé de tenir une nouvelle conférence révolutionnaire à l’Université McGill. Plusieurs changements importants à l’ancienne formule de congrès ont été suggérés notamment de limiter les délégués aux étudiants de génie et d’étendre l’invitation à l’Ontario et possiblement au reste du Canada.

    Inclure les autres écoles de génie du pays était une priorité à leur avis afin que les résolutions prises aient le plus d’impact possible puisqu’elles seraient appuyées par l’ensemble des étudiants en génie canadiens. À cette époque, les associations de Laval et McGill étaient très actives politiquement sur plusieurs problématiques sociales telles la guerre du Vietnam et le mouvement nationaliste québécois. L’idée de réunir des représentants de la plupart des universités de génie du Canada était extrêmement bien vu afin de forcer une réflexion sur le rôle de l’ingénieur dans la société.

    Ce n’est qu’au début d’octobre de cette année que la planification de l’événement a commencé. L’Université de Queen’s et l’Université de Toronto ont toutes deux offert leur soutien et joint les efforts de McGill, Polytechnique et Laval, les organisateurs de l’événement. Bien que les exécutants n’aient aucune certitude financière, les détails d’organisation (transport, nourriture incluse, hébergement, traduction simultanée, déclaration, rapport final et banquet final) ont toujours été présentés comme des faits plutôt que des possibilités.

  • Finalement le 14 février 1969, Dr. H. Rocke Robertson, le directeur et vice-chancelier de l’Université McGill, et Henry Roy, le président de CCES 1969, ont ouvert le Congrès au plus grand plaisir de tous et particulièrement de l’exécutif.

    Après le succès du Congrès, Henry Roy a été élu président de l’association étudiante de génie de premier cycle de McGill. La politique étudiante est rapidement devenue plus importante que l’ingénierie pour Henry Roy qui a néanmoins gradué en ingénierie mécanique en 1970. Il a eu une carrière réussie avec une maîtrise en administration des affaires de Harvard et a siégé à plusieurs postes prestigieux tels que Ministre des finances du Québec et dans des compagnies comme Trane Company, Standard Oil, le groupe Kennecott, Provigo mc, BCE mc, et Trizec Corporation.

    Durant les 45 années suivant sa création, le Congrès de la FCEG a perduré à travers plusieurs événements qui ont sculptés la FCEG d’aujourd’hui.

    En 1969, lors du premier Congrès, les étudiants ont discuté de l’importance de reconnaître le mérite et la valeur des activités parascolaires. Au banquet final, Mr Arnold Groleau, le vice-président exécutif de Bell Canada a affirmé que le Congrès était une démonstration du sérieux des étudiants en génie d’alors. C’est un début et il a mentionné son désir de voir ces discussions mener à plus de communication entre les étudiants de génie.

    Les trois années successives, le focus s’est porté sur les débats politiques d’actualité. Des problématiques comme l’état de l’environnement, le développement du Nord canadien et la guerre du Vietnam ont été des sujets abordés durant la plénière du Congrès.

  • À Waterloo, en 1974, l’ignorance du public sur la profession d’ingénieur a été soulevée simultanément avec un débat sur la véritable identité du génie canadien. Le sentiment général était que l’identité des ingénieurs devaient être établis pour que leur place dans la société soit comprise.

    Quelques années plus tard à l’Université du Manitoba, en 1977, le Congrès a été un point déterminant dans le développement de la CCES. Dans un texte inspiré, l’Université de Waterloo a suggéré que le Congrès avait dégénéré en un séminaire technique possiblement vu la facilité de produire et rechercher de telles sessions plutôt que de s’attaquer aux questions sur les politiques existantes.

    Le document de Waterloo ajoutait qu’outre les thèmes inappropriés de récentes conférences, ils soulignaient les problèmes au sujet des propositions passées qui n’étaient pas appliquées. Personne ne discutait des résolutions prises dans les congrès antérieurs et pour s’assurer qu’elles étaitent suivies. À la fin des congrès, aucune association ne se chargeait d’appliquer ces propositions et rien ne se passait.

    Ils ont proposé que la CCES redéfinisse ces priorités pour s’orienter vers une organisation étudiante; un forum de discussion sur des problèmes liés aux étudiants de génie. Il a été décidé qu’il était nécessaire de viser une continuité et de la cohérence, et que ceci ne pourrait réussir qu’avec une participation étudiante dans les instances du Congrès (plutôt que des présentations techniques), et une meilleure communication des associations étudiantes de génie entre les conférences.

  • En 1988, le président du comité organisateur de la CCES avait une double tâche étant aussi le président d’assemblée de l’Exécutif national. Dans son rapport final, Jacques Cantin recommandait qu’un des représentants régionaux prenne le rôle du président de l’Exécutif national. Ceci a marqué une scission entre l’Exécutif national et le comité organisateur de la CCES.

    La même année, la possibilité d’utiliser des communications électroniques et NETNORTH pour échanger des idées entre associations étudiantes a encore été discutée spécialement pour organiser des événements simultanément et pour augmenter le nombre de soumissions à la Revue Projet qui a connu un déclin cette année. Une proposition du directeur de la Compétition canadienne d’ingénierie (CCI) 1988 contenait l’incorporation de la compétition et les réglèments généraux de celle-ci.

    La révision de la structure de l’organisation a entraînée une complète révision des règlements généraux. Le 23e Congrès est mémorable pour son atelier de plus de 15 heures sur l’écriture de la nouvelle Charte. Les chefs de délégation ont travaillé tard dans la nuit et le lendemain matin pour compléter le document, et quand ce fût fait, ils ont même publié une liste des citations mémorables qui sont survenues durant les longs et parfois tumultueux débats de rédaction. Certaines d’entre elles étaient: «les procès ne sont pas une dépense à mettre dans le budget», «c’est une rencontre à laquelle nous devons allée» et «Que toute référence orale devienne verbale».

    Avec les nouveaux règlements généraux, a été ajoutée une cotisation de 0.10$ par étudiant qui serait payée par les associations étudiantes membres pour soutenir les dépenses administratives de l’Exécutif national. Une planification des opérations financières a été instituée ainsi que des règlements afin d’assurer l’imputabilité de l’Exécutif national à ses membres. Le besoin d’avoir un manuel des politiques pour compléter la Charte a été mis en évidence et l’Exécutif national a reçu le mandat de le compiler.

    Un autre accomplissement de la CCES cette année-là a été l’adoption du logo de la FCEG. Des étudiants de l’Université du Manitoba ont créé le logo qui est encore utilisé aujourd’hui.

  • Sous le mandat du directeur aux communications électroniques, Troy Morehouse, le Lien de la CCES (une liste d’envoi électronique pour les étudiants canadiens de génie) a reçu une augmentation d’abonnements passant de 15 étudiants à 120. Plus des trois quarts des membres de la FCEG participaient activement sur le Lien y compris des individus de l’Australie, de l’Arabie saoudite et du Mexique. Cette dimension internationale de la FCEG deviendra intéressante pour le développement futur de la FCEG. Un archivage électronique des documents officiels de la FCEG a été fait sur une plateforme FTP (protocole de transfert de fichiers) de l’Université du Nouveau-Brunswick ce qui facilite l’accès à ces documents pour les membres. Le plein potentiel d’un système respectueux d’échange par courriel ne faisait que commencer à être perçu et utilisé.

    La FCEG a fourni des conseils et des orientations aux Directeurs de camps d’été de Sciences et d’Ingénierie qui créaient les bases d’une organisation nationale des camps (Youth Engineering and Science camps nommé ACTUA). Deux coordinateurs nationaux ont été élus pour cette tâche dont Maurice Poirier qui a été nommé par le Conseil d’admnistration de la FCEG. Cette entente a été bénéfique pour les deux organisations puisque les camps ont pû profiter de la rencontre nationale de la CCES (en plus de leur conférence nationale annuelle de juillet) et pour exposer leurs activités aux délégués et commanditaires du Congrès. YES Camps et la FCEG ont combiné leurs efforts pour organiser plusieurs expositions réussies lors du lancement de la Semaine nationale des Sciences et de la Technologie d’Ottawa. Industry, Science and Technology Canada ont supporté l’initiative en produisant une bannière avec les logos et titres de la FCEG et de YES Camp en plus de ceux de plusieurs camps d’été canadiens de science et de génie. L’événement a été fortement médiatisé et plusieurs commentaires positifs ont été reçus de la part des invités et des représentants de l’industrie, des agences gouvernementales et des conseils sur l’éducation, et des enfants eux-mêmes. Un tel effort de coopération entre deux organisations a sans conteste augmenter la conscience citoyenne sur l’ingénierie en plus d’améliorer l’image des étudiants en génie et d’encourager les plus jeunes à considérer une carrière en sciences et génie dans le futur.

  • En 1992, les relations entre la FCEG et les associations professionnelles de génie ont progressé grandement. Deux ententes révolutionnaires, l’une avec l’Association des firmes d’ingénieurs-conseil canadienne et l’un avec Ingénieurs Canada, ont été négociées et signées avec succès. Ce développement a été fortement bénéfique à la FCEG dans les années suivantes. Cette même année, une augmentation de l’enthousiasme des membres pour les activités de la FCEG a été notée. En plus, l’Exécutif national a remarqué que les membres tendaient vers des objectifs plus spécifiques et précis pour la FCEG. Avec ce regain d’énergie, la FCEG a attiré le regard sur elle, la CCI, le Congrès et la Revue Projet. Entre autres choses, les membres désiraient une relation plus proche entre eux et la FCEG. Ils voyaient ceci comme un facteur essentiel pour la croissance de la FCEG.

    1992 est aussi l’année où la FCEG s’est incorporée. Après plusieurs discussions sur l’utilité et les bénéfices de devenir une corportation, les membres de la Fédération ont reconnu l’intérêt d’être reconnu officiellement comme une organisation à but non lucratif. En 1994, l’Exécutif national s’est chargé de la lourde tâche de rédiger un plan de développement à long terme pour la FCEG. Le rapport fait mention de plusieurs aspects du travail de la FCEG mais plusieurs suggestions notables ont été faites. Le plan reconnaît l’intérêt d’une transition complète et en profondeur. Le manque de continuité a aussi été vu comme un obstacle au développement de la FCEG comme elle avait été précédemment imaginée. Le plan à long terme traitait et identifiait les forces, faiblesses, opportunités et menaces pour la FCEG. Il contenait aussi plusieurs solutions possibles aux problèmes soulevés ainsi que comment les éviter dans le futur. Les exécutants de 1994 avaient une tâche complexe à accomplir mais ils ont senti le besoin pour la croissance de la FCEG ainsi que le potentiel pour la FCEG d’être efficace et d’accomplir ses objectifs en plus d’être plus pertinente pour les étudiants en ingénierie du Canada.

  • Les autres changements majeurs à la FCEG sont arrivés en 1997 lorsque la FCEG a décidé de modifier sa structure. Les membres de l’Ouest et de l’Atlantique se sentaient ignorés et mal représentés par la Fédération. Après plusieurs discussions au Congrès 1997, il a été décidé que les cinq exécutants actuels de la FCEG seraient remplacés par une équipe de huit officiers et exécutants. Les positions en double comme VP régional et VP exécutif ont été retirées et ont été remplacées par des rôles séparés dans les portfolios des VP et des VP régionaux. Un vice-président représenterait chaque région en plus d’avoir un VP Finance et administration, un VP communications et un VP Services et développement.

    Un autre développement majeur de cette année a été le développement d’une relation de qualité avec Ingénieurs Canada et la profession d’ingénieur en général. En tant que futurs ingénieurs, les étudiants étaient excités à l’idée que leurs opnions sur l’éducation, l’ingénierie et la profession seraient entendues par les membres de la communauté professionnelle.

  • La Fédération d’aujourd’hui est l’unique organisation nationale représentant les étudiants en génie du Canada. Elle a gagné en énergie et est prête pour un prochain changement d’envergure.